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Le tableau que je n’ai pas peint en 2015

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Le tableau que je n’ai pas peint en 2015

Il y a déjà un mois et demi, j’avais commencé à rédiger un scénario pour faire une revue de l’année illustrée. Je voulais compacter le plus d’éléments possible sur une énorme peinture à une vitesse folle : des potins, drames, engueulades, évènements insolites, personnalités et sensations qui ont marqué le web en 2015.

Je me suis rendu compte bien vite que je n’aurais jamais eu le temps de trouver les heures pour faire ça.

Y’aurait fallu que je m’isole de la civilisation et de ma famille pour en arriver à un résultat acceptable.

Mais j’ai réalisé aussi qu’après quatre ans à suivre de près l’actualité du web, lire des commentaires, écarquiller des yeux, me facepalmer… je commence à être las.

La viralité et les débats sur les médias sociaux me fascinent toujours, j’observe beaucoup, mais cette année, j’ai à peine trempé mon orteil, rarement rajouté une couche. J’ai très peu parlé de politique, pas cherché à débattre, je me suis pas beaucoup choqué, même si j’ai été souvent révolté par ce que j’ai vu et lu.

J’ai déposé un seul commentaire, cet été, sur une page d’un humoriste pris au cœur de la tourmente et je l’ai effacé après vingt minutes parce que ça dégénérait, me donnait des envies de foutre les gens au goulag, pis surtout parce que j’avais autre chose à faire, comme du ménage par exemple.

Pourtant, en terme de buzz, c’est pas les idées qui me manquaient. Souvent, j’écrivais des statuts, je commençais des montages photo, puis je les effaçais. Une tête de Turc faisait la une, je voyais toujours venir la vague sur laquelle j’aurais pu surfer, mais j’ai regardé les autres sauter sur leur planche pour faire des figures et se planter sur la grève. Des fois je riais, mais souvent je soupirais. Tout arrive si vite et presque en même temps! Un petit drame fait éruption quelque part, la coulée se répand en un instant. Tout de suite, des jokes et des montages photo sur le drame, des jugements sur les gens qui font des jokes sur le drame, des analyses des gens qui jugent ceux qui font des jokes sur le drame. Oh une joke plus travaillée avec un montage vidéo! Bravo! Et, dans tout ça, des textes d’opinion lancés à la va-vite par des chroniqueurs-acrobates maladroits qui se garrochent dans la lumière du spotlight pour une poignée de clics.

Je vous mets pas tous dans le même panier, alors je tiens à remercier ceux qui prennent le recul pour réfléchir et viser juste, j’ai aimé vous lire, parce qu’à travers tout ça, on finit par avancer quand même.

Mais ne pensez pas non plus que je condamne qui que ce soit. J’en ai mangé pendant les dernières années de ce pain-là et si cette année on m’avait proposé, en échange d’une bonne rémunération, de commenter l’actualité au quotidien avec une touche de dérision, pour n’importe quel média, je l’aurais fait.

On m’a dit à quelques reprises qu’on s’ennuyait de mes élans plus spontanés et trash d’il y a quelques années. J’aurais le goût d’y replonger parfois, mais en 2015, sans arrêter de produire du contenu web, j’ai choisi de me tenir tranquille.

Ah pis… non! Comme vous, je suis un être de contradictions! Je peux pas m’empêcher de vous dire ce qui aurait été couché sur le tableau de revue de fin d’année. Si vous saisissez toutes les références, bravo, vous avez officiellement passé trop de temps sur le web! On prend son souffle et on lit d’une traite :

Voyager dans le temps avec une Dolorean qu’on aurait rechargé avec la machine à innover de la STM alimentée par l’énergie d’Hydro-Jeanson c’est toujours plus vite que se rendre en calèche avec un cheval maltraité sur l’autoroute de chenilles menant vers un gros Pow-Wow euh non un Stereopop dis-je au stade Videotron une immense orgie organisé par Ashley Madison à la vue et au su de tous même si des étudiants de l’UQAM masqués affirment que c’est un huis-clos médiatique anyway ceux qui veulent pas se faire reconnaître se sont mis un sac de patates sur la tête et là tu payes ton entrée à Mike Ward qui redonne le cash à Jeremy Gabriel qui le redonne à un Claude Poirier aussi cassé que la dalle de béton à Coderre ensuite deux bodyguard t’accostent un gars de St-Jérôme qui t’attend avec une chainsaw et Yves Bolduc qui te demande de te déshabiller pour te fouiller c’est correct ça fait tellement du bien que les conservateurs soient partis c’est la décadence sauf Marilou qui boit pas d’alcool au grand dam de Sergakis évidemment Justin roule un immense pétard  Dan Blizerian tire du gun avec Jean Tremblay pour chasser les intellos et greenpeace il dégaine dans face à Noémie Nutella alors que Joël Legendre sort son pénis et éjacule dans le cornet de crème glacée qui fond dans un seau de male tears que JF Mercier liche devant un contingent d’éthiopiennes racisées d’une manif non-mixte qui passait par là mais c’est pas le seul avec son pénis y’en a pleins de pénis avec des chips et des cellulaires ça mange oh que ça mange ça mange même de la marde comme dirait Christian Bégin on se contente pas de pinottes comme dirait en français PKP qui se marie enfin en compagnie de toutes les personnes de même sexe et de madame Mc Do y’a des saucisses au cancer des tranches de fromage kraft au plastique des animaux rares comme du Cecil le Lion y’a Natasha St-Pier qui cuisine du homard bleu une spécialité acadienne y’a Marie-Claude Lortie qui mange du kangourou avec des réfugiés syriens c’est vraiment un souper presque parfait même pour les handicapés inutiles à la société où on aurait pu inviter David Desjardins s’il avait encore sa carte de membre du club du marketing de contenu mais ça boit du vin cheveux aux vents,  décolleté, y’a tellement de bière qu’on peut en gaspiller dans la face à Roosh V qui chill avec Marcel Aubut et André Arthur qui se fait sucer pour cinq piasses non ça vole pas haut  Jocelyne Cazin est saoule elle déparle comme un minion ok bitch tu t’asseois mais oh désolé c’est juste son compte qui a été piraté on oublie ça on flush sans traitement dans l’eau du St-Laurent  tout va disparaître comme les femmes autochtones comme des magic boobs comme la neige en décembre qui laisse Duhaime silencieux comme le tissu social en période d’austérité comme on tasse une femen qui vaut moins qu’une formule 1 mais ne pleurez pas car rien de tout ça n’est arrivé parce que c’est Bugingo qui me l’a raconté je vous ai eu  emoticone frown ok je relis ce que je viens d’écrire je pense me censurer mais il n’en est pas question pas parce que FUCK TOUTE JE SUIS CHARLIE.

Bonne année, on se reconnecte pour un autre cirque en 2016, je vous aime.

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